mardi 29 janvier à 20h30

Artiste engagé, Yves Duteil, qui vient de fêter ses 45 ans de carrière, remonte sur scène après cinq ans d’absence.

Le chanteur fait son grand retour sur scène avec son nouvel album Respect sorti en janvier dernier. Cet opus est né après les évènements tragiques de 2015. À travers des textes qui mêlent espoir, fraternité,  ouverture et mémoire, Yves Duteil a souhaité mettre en avant ces instants partagés d’une foule d’anonymes déterminés à faire entendre la voix du silence lors des différents rassemblements. Un disque résolument actuel qui s’est constitué hors des sentiers battus. Une invitation au voyage entre engagement politique, poésie et douce bienveillance.

 

INTERVIEW 

 

Depuis plus de quarante ans, il chante sa foi en l’homme avec douceur et bienveillance. Yves Duteil interprétera à Noisy une sélection de ses chansons les plus célèbres et de titres de son dernier album, Respect.

 

Noisy Mag : Quelle est la genèse de votre dernier album, Respect ?

Yves Duteil : Il est en partie lié à la réaction collective aux événements de 2015. J’étais avec ma famille dans cette manifestation monstre où la foule voulait simplement montrer son humanité, répondre à la barbarie par la fraternité. Les gens étaient là pour exprimer quelque chose d’indicible. Or les chansons jouent aussi ce rôle, en utilisant la poésie, l’émotion... J’avais des projets en cours, mais ça a été un déclic. En mêlant la douleur et l’espérance, j’ai voulu participer à cet élan, écrire des chansons qui soient comme des parcelles de lumière, comme les bougies sur les trottoirs après les attentats.

 

Le spectacle s’intitule « 40 ans plus tard ». C’est aussi l’un des titres de Respect…

Y. D. : Et ce fut d’abord celui d’un poème que j’ai offert mon épouse, Noëlle, pour nos 40 ans de mariage. Quand elle est arrivée dans ma vie, elle a allumé la lumière. Et depuis elle éclaire ma route. Ce titre reflète à la fois cet amour et ma carrière, les deux sont liés. Elle m’accompagne et m’influence beaucoup dans mon travail. Et être toujours là après plus de quatre décennies, c’est extraordinaire. Quand je suis sur scène, je vis un moment de partage incroyable. Le disque est important, mais la scène permet de toucher vraiment le cœur des gens. C’est là que je suis le plus heureux.

 

L’un de vos titres les plus connus, La langue de chez nous, témoigne de votre amour des mots. Ont-ils un pouvoir ?

Y. D. : Ils ont un pouvoir de mémoire, de transmission, mais aussi de réflexion et d’action. Moi qui laissais au début les mots me traverser, j’ai appris, en rédigeant des chroniques pour le magazine Panorama, en étant maire, à organiser ma pensée. Pour anticiper, prendre de bonnes décisions. Car écrire des chansons donne des responsabilités. Quand j’ai enregistré La Langue de chez nous, je n’imaginais pas qu’elle allait autant fédérer ! La poésie et l’action ne sont pas antagonistes. Un poète est un rêveur, mais un rêveur utile. Notre devise, avec mon épouse, c’est : « Rêver plus haut. »

 

Interview publiée dans le Noisy Mag de janvier 2019. 

1H10
de 17 à 36 €Spectacles catégorie A

©John-Riggs

« De l’espérance (À l’abri du meilleur) au chagrin de voir nos proches musulmans pleurer après Nice (Mohammed, Aïcha), les thèmes se sont imposés comme des évidences. Histoire, transmission, famille, le respect en toile de fond, une nuée d’abeilles a traversé notre ciel comme un signe, laissant au miel un parfum de survie […]. Une minute de silence, juste pour le bonheur… Une pincée de Corse, un Passeur de lumière, mon piano centenaire raconte son histoire… »
Yves Duteil